LES SYNDICS DE COPROPRIÉTÉ ABUSENT-ILS DE LEUR POSITION ?

Ils font souvent l’objet des gros titres et des scandales : les syndics de copropriété pourraient abuser de leur place prépondérante dans le système légal de la copropriété. En effet, ces organismes de gestion, responsables devant la loi de la bonne gestion des ensembles juridiques que sont les copropriétés, surfactureraient leurs services aux clients. Démêlons le vrai du faux.

ÊTRE SYNDIC DE COPROPRIÉTÉ : UN MÉTIER DIFFICILE ET INGRAT

Devenir syndic de copropriété demande des compétences dans beaucoup de domaines (architecture, droit, immobilier, urbanisme, comptabilité management). Le syndic professionnel engage sa responsabilité juridique en cas de mauvaise gestion de la copropriété, et cette responsabilité le pousse à se prémunir de tout risque, en particulier des déboires financiers. Comme ce marché est très concurrentiel, les conditions de travail se sont fortement dégradées. Le volume horaire quotidien est très élevé, il est fréquent qu’un syndic travaille jusqu’à 10-12h par jour. Le nombre de lots géré par un seul gestionnaire est en moyenne de 1100 à 1200 lots, ce qui empêche aujourd’hui une véritable présence sur place. Il n’est plus rare aujourd’hui qu’un syndic n’ait jamais mis les pieds dans la copropriété qu’il est censé gérer. Ajoutez à ces conditions de travail la violence très forte dans ce milieu, de la part le plus souvent des copropriétaires. Certains syndics racontent être visités dans leurs locaux par certaines personnes enragées qui sont prêtes à tout casser.

NE VOUS Y TROMPEZ PAS, LE SYNDIC PRÉLÈVE VOS CHARGES

Qu’elles soient récupérables (locatives) ou irrécupérables, les charges de la copropriété doivent être versées par des copropriétaires au syndic tous les trimestres. Certains ne comprennent pas pourquoi ils paient des charges courantes aussi chères : d'une part vous payez vos charges courantes, d'autres part, le syndic se rémunère à hauteur de 8% en moyenne, pour assurer la bonne gestion de votre immeuble, tel un banquier qui prend des frais de gestion. Selon la DGCCRF, seules 10% des copropriétés seraient mal gérées. Mais quand on lit le site de l’Association des Responsables de Copropriétaires, on peut parfois en douter.

CERTAINS SYNDICS ABUSENT DE LEUR POSITION

Face à cet environnement contraint, certains syndics n’hésitent toutefois pas à berner leurs clients. Par exemple, ils facturent des services qui devraient légalement être compris dans les charges courantes de gestion (leur forfait de base), comme la tenue des assemblées générales, les frais d’archivage ou la déclaration d’un sinistre à l’assurance. De même, certains syndics sortent la tenue du carnet d’entretien de la gestion courante, alors qu’elle y est comprise depuis la loi Boutin de 2009 ! Plus grave encore, les plus gros syndics facturent des prestations à des prix faramineux, selon l’UNARC et l’UFC-Que Choisir. Parfois, ce sont de fausses factures qui sont éditées, ou bien des facturations de relance, non légales. Certains cabinets vont même jusqu’à surfacturer les frais énergétiques (chauffage). Et beaucoup de copropriétaires qui contestent des factures injustifiées ou illégales se heurtent au silence du syndic ou à leur armée d'avocats.

DES DÉRIVES FINANCIÈRES INACCEPTABLES

La loi Alur de 2014 impose normalement la création d'un compte séparé pour toute copropriété de plus de 15 lots. Mais certains syndics outrepassent cette obligation et gèrent les fonds sur leur compte unique. Cette pratique est illégale.

Le 08/04/2019 à 11h24