COMMENT NÉGOCIER VOS CHARGES DE COPROPRIÉTÉ ?

Vous êtes copropriétaire et vous trouvez vos charges de copropriété abusives ? l'assemblée générale des copropriétaires se profile à l'horizon ? Vous pensez réussir à unir l'assemblée pour entrer en négociation avec le syndic de copropriété qui est en gestion de l'immeuble et baisser vos charges de copropriété ? ? Voici nos conseils pour négocier vos charges de copropriétaire.

SOYEZ AU COURANT DES PRIX NORMAUX

Il est impératif que vous étudiiez les comptes de votre copropriété dans son ensemble. Vous pourrez ainsi comparer les postes budgétaires avec les prix moyens pratiqués pour un immeuble selon son âge, sa taille et les services pratiqués. Les dépenses de chauffage, d'électricité, d'ascenseur, d'eau courante, de gardien, d'entretien des espaces verts, de frais de gestion, d'assurance ou encore de réparations courantes sont-elles justifiées ?

Selon l'ARC (Association des responsables de copropriété), les charges ont augmenté de 30% en moyenne entre 2007 et 2017, soit 3% par an. Ainsi, en 2017, les charges totales moyennes étaient de 47,6€/m²/an pour une copropriété avec tous les services collectifs gérée par un syndic professionnel, et de 37,9€/m²/an pour une copropriété sans gardiennage gérée par un syndic professionnel.

IMPLIQUEZ LE CONSEIL SYNDICAL DANS LA NÉGOCIATION

Comme le régit la loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application du 17 mars 1967, le conseil syndical doit pouvoir examiner le projet de budget prévisionnel soumis par le syndic avant l'envoi en assemblée générale. Il sera plus facile de bien négocier vos charges en amont. De même, votez une somme en assemblée générale au-delà de laquelle le syndic est dans l'obligation de consulter le conseil syndical avant d'engager les frais, par exemple au-dessus de 200€. Enfin, le conseil syndical se doit de contrôler l'exécution du budget, notamment dans la réalisation de travaux : L'entreprise a-t-elle travaillé ce nombre d'heures ? Cela ne relevait-il pas de charges privatives ? Le travail a-t-il été bien fait ?

NE LAISSEZ PAS TROP DE MARGE DE MANŒUVRE AU SYNDIC

Il est important de ne pas se laisser séduire trop vite par l'argumentation du syndic professionnel lors de l'élaboration du budget prévisionnel des charges. Ainsi, bannissez les postes « petits travaux », « imprévus », ou « travaux courants ». En effet, un bon syndic devrait avoir une trésorerie suffisante en début de chaque trimestre pour y faire face. De même, ne prenez pas en compte l'inflation anticipée sur les prix de combustible.

NE VOUS LAISSEZ PAS PIÉGER

Parfois, certains syndics profitent de la crédulité de leurs clients pour facturer des tâches obligatoires. Soyez donc bien avertis : les frais d'archivage, même s'ils sont confiés à une entreprise délégataire, ne peuvent pas être facturés, ils constituent une activité obligatoire. De même, soyez attentifs lorsque vous planifiez vos sessions d'assemblée générale, à ne pas les placer à des heures surfacturées (tard le soir).

N’HÉSITEZ PAS A FAIRE PRESSION SUR LE SYNDIC

Si le syndic présente à l'assemblée générale des travaux vraisemblablement trop chers, vous pouvez donner un mandat au conseil syndical pour demander des devis à d'autres prestataires qui seraient moins chers.

Cependant, ne rognez pas sur les travaux à réaliser : vous dévaloriserez l'état de votre bien et donc la valeur de vos tantièmes.

Le 02/04/2019 à 10h02